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"Y'A BON BWANA AUXIETTE" , ou la mythologie coloniale des Pays de la Loire®

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Bonjour,

Vous trouverez le communiqué de presse en cliquant sur ce lien :
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Merci.

Le collectif 44=BREIZH
http://44breizh.wordpress.com/


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"Y'A BON BWANA AUXIETTE", ou la mythologie coloniale des Pays de la Loire®



Ha Ha! Il commence à nous faire rire le sieur Auxiette ! Dans un
entretien diffusé ce week end sur France 3 Ouest, planté devant un
attirail de propagande Pays de la Loire®, à l'image d'un sportif qu'on
interviewerait devant un mur de sponsors, le président PdL® a déclaré à
propos de la Réunification de la Bretagne : « ce serait une forme
d'annexion des temps modernes, une forme de colonisation que je ne
pourrais accepter »... ( [Voir le site] ).

Des propos complètement déplacés et ahurissants pour un élu, qui nous font
sourire, mais qui témoignent avant tout d'une peur irrationnelle face à la
perspective d'une perte d'intérêts personnels et privilégiés. En effet
c'est bien les bretons qui depuis la création de la région PdL® demande à
ce que la région Bretagne intègre l'ensemble du territoire breton !
Jacques refuserait même à certains de ceux-ci de pouvoir s'exprimer en
faveur de l'unité territoriale « le débat n'est pas de dépecer la region
Pays de la Loire® comme certains s'en accorde la légitimité, quand je dis
certains je parle d'élus mais aussi de chefs d'entreprises !», oui, M.
Auxiette la revendication de réunification traverse l'ensemble de la
société bretonne, dont des patrons et des élus, mais aussi des partis
politiques, des associations culturelles, sociale, environnementales..;
des syndicats, des jeunes, des vieux, des ménagères de moins de cinquante
ans, etc.... à l'image des 10 000 manifestants du 20 septembre à Nantes.

Bref, Auxiette s'embourbe, sent la fin des PdL proche, et réagit telle la
bête dans ces derniers retranchements. Alors que les militants de la
Réunification ne cessent de se défendre des motivations « ethnicistes »
qu'il leurs prête souvent dans la presse, J. Auxiette en expert, même si
on sent dans la formulation que ça lui fait mal au dent, nous dit que «
oui c'est vrai Nantes et une partie de la Loire-Atlantique ont eu
historiquement une histoire commune avec la Bretagne ». Mais M. Auxiette,
notre revendication à l'unité se projette avant tout dans notre désir à
vivre ensemble et à construire un projet politique commun, maints fois
répétés, et non sur une hypothétique et restrictive homogénéité ethnique,
linguistique ou culturelle que vous semblez formuler comme seul argument
pouvant témoigner de l'unité des Bretons.

En réalité les propos d'Auxiette nous amènent à nous poser la question
d'une attitude aussi irrationnelle. Il ne semble pas que cela soit motivé
par une simple rivalité parlementaire, rappelons qu'en Bretagne le
président PS du CG 44 et la président PS de la région Bretagne sont
favorables à la Réunification, et que ce projet à été principalement
soutenu par la gauche française plus que par la droite jusqu'à ces
dernières années.

Cette attitude illustre nécessairement la peur de perdre un poste et une
notoriété, gagnés à l'arraché, notamment lorsqu'il oppose à la
Réunification le déficit démographique et économique porté à l'image des
PdL, comme s'il ignorait que celle-ci entraînerait forcément une
réorganisation des territoires composant les PdL vers d'autres régions
administratives (« La L.-A. C'est 1,2 millions d'habitants sur les 3,5
millions que compte les PdL®, ça compte démographiquement et
économiquement »). Cependant ces propos, et surtout cette omission, amène
indirectement à se poser la question de « l'identité des Pays de la Loire
», qui de facto disparaîtrait avec la disparition de son incarnation
administrative.

Dès sa création en 1972, les administrateurs ont cherché à donné une âme à
l'établissement public, c'est ce que déclarait le premier préfet de région
PdL Camous en janvier 1974 : « La plupart des régions de France ne sont
pas dotés à leur naissance de cette conscience collective, éveillée et
active qui fait des collectivités adultes (...) c'est ce que maintenant
nous devons ambitionner et conquérir ». En réalité ceci était le début de
la politique identitaire ligérienne dont l'adjectif n'avait pas encore été
inventé. C'est ce projet un petit fou, formidablement jubilatoire et
motivant pour un homme politique, créer de toute pièce une conscience
collective, une identité artificielle, construite à partir d'une
administration nouvelle, qui a amené un ministre de l'Equipement et de
l'Aménagement, personnalité du gouvernement d'alors, Olivier Guichard, a
prendre les rennes des Pays de Loire® en tant que président. Pourtant à
l'époque les régions nouvellement constitués ne sont que des
établissements publics sans réel pouvoir politique. De plus Guichard a été
maire dix ans durant d'une commune de Gironde et n'a aucun rapport avec ce
nouveau territoire. C'est donc bien l'expérimentation sociale générée par
les potentialités de cette nouvelle structure politique (en plus d'une
obstruction au mouvement d'émancipation nationale en Bretagne) qui marque
la venue de Guichard et le début de la création identitaire des PdL®.

Depuis, cet objectif et cette politique n'ont cessé d'animer les
dirigeants successifs de la région, jusqu'à Jacques Auxiette ancien
opposant au conseil régional d'Olivier Guichard. Comprenons le Jacques
Auxiette est conseiller régional depuis 1979, bien avant la
régionalisation de 1982 et avant l'éléction du CR au suffrage universel à
partir de 1986. Il dépend politiquement de cette structure politique
depuis trente ans, il y a siégé dès les premières années et a participé
depuis cette époque à la politique identitaire initié par Guichard et
Camous. En ce sens et malgré l'opposition politique il y a une véritable
mission sainte qui semble être transmise de président PdL à président PdL,
la création identitaire des PdL (notamment au détriment de l'identité
bretonne du 44, qui dès le début a été un frein à ce projet) et la
pérennisation de cette politique.

Lui même se place comme « un héritier » d'Olivier Guichard et un
continuateur de sa conception régionale (voir le numero de janvier-février
de PLACE PUBLIQUE et l'émission « Ca vous regarde » du 24 janvier sur
France 3 Ouest ). D'ailleurs la surprenante initiative prise par J.
Auxiette d'édifier deux bustes monumentaux d'Olivier Guichard, un au
palais de région et un un autre à Fontevraud, sur les fonds publics et
sans appel d'offre, témoigne autant de l'affiliation d'avec le créateur
dont il veut témoigner que de la construction collective d'un mythe
fondateur. C'est notamment ce qu'explique Goulven Boudic chercheur de
l'Université de Nantes et consultant pour France 3, et qui témoigne
cependant pourtant d'une très grande tiédeur quant au problème de la
Réunification de la Bretagne.

Dans la pratique actuelle on retrouve toujours cette politique de création
identitaire, fondement de l'existence même de la région, basée sur une
communication-propagande toujours en opposition avec la contestation du
territoire PdL et visant principalement les jeunes générations. Le nouveau
slogan de la région « l'esprit grand ouvert » s'opposant et cristallisant
la « fermeture d'esprit » dont ferait preuve une population nantaise
voulant vivre au sein d'un territoire administré breton ou la campagne «
diversivie » voulant présenter les distensions au sein du territoire comme
la caractérisation et la justification même de « l'âme » des PdL et qui
insinuerait qu'en étant pour le redécoupage de la région on serait contre
la « diversité », sont autant d'exemple d'une propagande régionale
toujours placée dans la justification et dans la construction d'une «
conscience collective à conquérir ». Ajoutons qu'à chaque fois ces
campagnes se chiffrent en centaines de milliers d'euro payé par le
contribuable, et qui font paraître ridicule les quelques milliers d'euro
réclamé par la région pour la contestation de cette
communication-propagande par les barbouilleurs volontaires. Enfin, on
retrouve aujourd'hui la même volonté d'intégrer la conscience des jeunes
générations qui a caractérisé la propagande paysdelaloirienne depuis le
début avec des campagnes de fidélisation et l'investissement fort dans des
structures comme le Conseil Régional des Jeunes. A l'issue des débats
participatifs sur les assises régionales du développement durable
2008-2009, et alors même que toutes questions sur l'avenir de la région et
la Réunification y étaient interdites, on retrouve des conclusions
préconisant « de faire entrer dans les écoles le journal des Pays de la
Loire® et d'y ajouter des rubriques pour favoriser dès le plus jeune age
une identité ligérienne».

Nous le voyons pour les dirigeants PdL, affirmer et faire exister la
région est une lutte, un vrai combat politique, c'est même la valeur
régionale suprême dépassant les clivages politiques, créer les citoyens et
la société à partir de l'administration plutôt que d'adapter les outils
politiques à la population. Valeur, et même mission à laquelle J. Auxiette
participe depuis maintenant trente ans au sein de la région PdL, structure
administrative dont la durée et l'existence s'interpénètrent avec
l'ensemble de sa carrière politique. C'est aussi cette implication
personnelle avec l'existence de la région qui permet de comprendre que J.
Auxiette n'arrive à se projeter objectivement dans le débat sur la
réorganisation territoriale, dans lequel tout le monde reconnaît la
nécessité de « redécouper les régions de l'Ouest ». On le voit, sans
parler de songer à l'opportunité pour les territoires que pourrait
constituer la Réunification de la Bretagne (créations des régions
Vendée-Poitou-Charentes et Val de Loire), il ne se projette pas non plus
dans une région Grand Ouest, pour lui il y aura forcément « dépeçage des
PdL ».

En comprenant tout cela on saisit sans doute les raisons amenant à une
telle démesure dans les propos de M. Auxiette. On se rend aussi compte que
jusqu'à la Réunification effective de la Bretagne il y a un réel combat à
avoir contre la politique coloniale des Pays de la Loire®.

 



 
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